Classement des universités : une synthèse pour les États-Unis et l’Europe

by Fr. on July 5th, 2006

Un énième classement des universités mondiales est à présent disponible : New ranking of the top 3000 (!) universities in the world. Comme l’indique le titre du message d’ilist, on pourrait penser que le classement est probablement excessif et donc insignifiant, selon le mot de Talleyrand.

La méthodologie de ce nouveau classement est pourtant intéressante, même si le qualificatif auto-attribué de comparatif est survendu :

Sources

Our own Webometrics Ranking of World Universities […]
Essential Science Indicators […]
Google Scholar […]
The data for popularity … was extracted from the Alexa database […]
The Academic Ranking of World Universities […]
The Times Higher World University Rankings 2005 […]

Webometrics Ranking of World Universities: Methodology

Quitte à vraiment donner dans le comparatif, voici un tableau récapitulatif des données listées dans ma précédente note sur ce thème (Classement des universités : France, États-Unis et Grande-Bretagne), auxquelles je rajoute ce classement. Les méthodologies sont très éloignées d’un classement à l’autre, les rapprochements possibles entre chaque top 10 n’en seront que plus probants. Je ne m’intéresse qu’aux classements régionaux, au sens où la comparaison entre les universités américaines et européennes n’a quasiment aucune pertinence à mes yeux (l’hypothèse donnée par un personnage de David Lodge dans Small World, à propos du campus global, est encore à vérifier…).

  Webometrics [2006] Shanghai [2005] THES [2005] Guardian [2005]
Europe
  1. Cambridge
  2. Oxford
  3. Edinburgh
  4. ETHZ
  5. Helsinki
  6. Linkoping
  7. UCL
  8. Leeds
  9. Southampton
  10. Vienna
  1. Cambridge
  2. Oxford
  3. Imperial
  4. UCL
  5. ETHZ
  6. Utrecht
  7. Karolinska
  8. Paris VI
  9. Edinburgh
  10. Munich
  1. Cambridge
  2. Oxford
  3. Polytechnique
  4. LSE
  5. Imperial
  6. ETHZ
  7. ENS
  8. UCL
  9. Edinburgh
  10. Polytech. Lausanne
  1. Oxford
  2. Cambridge
  3. Imperial
  4. SOAS
  5. LSE
  6. KCL
  7. UCL
  8. York
  9. Warwick
  10. Edinburgh
États-Unis
  1. Berkeley
  2. MIT
  3. Harvard
  4. Stanford
  5. Texas
  6. Washington
  7. Wisconsin
  8. Michigan
  9. Urbana Champaign
  10. Cornell
  1. Harvard
  2. Stanford
  3. Berkeley
  4. MIT
  5. Caltech
  6. Columbia
  7. Princeton
  8. Chicago
  9. Yale
  10. Cornell
  1. Harvard
  2. MIT
  3. Stanford
  4. Berkeley
  5. Yale
  6. Caltech
  7. Princeton
  8. Duke
  9. Cornell
  10. Chicago // UCSF
n/a
[UK-only]

Dans un premier temps, je retire les universités qui ne figurent que dans un seul classement. Reste un noyau dur d’universités (les chiffres entre crochets correspondent aux classements respectifs) :

Europe États-Unis
  • Cambridge [1,1,1,2]
  • Oxford [2,2,2,1]
  • Imperial [ø,3,5,3]
  • LSE [ø,ø,4,5]
  • Edinburgh [3,9,9,10]
  • ETHZ [4,5,6,ø]
  • UCL [7,4,8,7]
  • Berkeley [1,3,4]
  • MIT [2,4,2]
  • Harvard [3,1,1]
  • Stanford [4,2,3]
  • Cornell [10,10,9]
  • Yale [ø,4,9]
  • Caltech [ø,5,6]
  • Princeton [ø,7,7]
  • Chicago [ø, 8,10]

Les classements sont assez faiblement homogènes, let alone le classement interne du top 10. Probablement le test d’homogénéité aurait-il été meilleur sur le top 5, étant donné que, pour les États-Unis, une bonne partie des différences constatées entre le classement Webometrics et les deux autres concerne les universités classées aux rangs 6-10.

Dans un deuxième temps, on peut s’amuser à effectuer des séries de calcul pour tester les déviations et la robustesse de chaque université dans chaque classement, en pondérant par exemple avec les classements nationaux parus aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Je n’ai pas vraiment le temps de le faire, mais le premier test de co-occurrence donne une idée des gagnants toutes catégories :

  • En Europe, par ordre approximatif : Cambridge, Oxford, Imperial, LSE, EHTZ // UCL, Edinburgh
  • Aux États-Unis, par ordre approximatif : Harvard, MIT, Berkeley, Stanford.

À noter que seul le classement du Times Higher Education Supplement (THES) semble avoir pris compte du système français des grandes écoles, d’où l’apparition de X et Normale Sup à des rangs très honorables.

Comme mon texte précédent, celui-ci comporte des lacunes (méthodologiques notamment). Si vous trouvez le temps et l’intérêt de construire un classement plus fiable en croisant plus de sources ou en analysant plus finement les classements déjà disponibles dans mes notes, n’hésitez pas à me faire signe pour que votre analyse soit publiée ici.

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8 Comments
  1. Moi, mon classement unilatéral et définitif c’est :

    1. Edinburgh

    Si j’avais un smiley débile de pom pom girl déjantée, je le mettrais ici (si si).

    smiley déjanté

  2. Sergei permalink

    Il me semble que le classement du Guardian ne prend en compte que les universités du Royaume-Uni.

  3. Effectivement Sergei, voici un premier biais du classement proposé, je n’avais pas fait attention à cela. Heureusement le classement du Guardian ne modifie pas substantiellement le reste du tableau. En revanche il fournit une sorte de prime pour les universités britanniques.

  4. Mennesson pierre permalink

    Euh en tant que simple lycéen je sais pas grand chose…

  5. ohnheiser permalink

    En fonction de ces classements, pensez-vous qu’il est préférable de passer une licence en UK pour un Français ?

  6. Si votre souhait est de travailler en France, et si vous ne disposez pas d’un système de financement qui abaissera vos frais d’inscription, non.

    En revanche, si vous visez un niveau postgraduate ou plus élevé, alors l’option britannique devient de plus en plus intéressante.

  7. Pran permalink

    Je pense faire un PhD (doctorat) en Angleterre. Est ce que je dois fixer mon choix en fonction du niveau des Universités ? Je ne pensais pas ça mais après réflexion si on sort d’une fac plus huppée c’est pas mal aussi.

  8. Par rapport à l’activité de gestion de bourses que j’ai pratiquée, aucun de ces classements n’est pertinent. En effet, répartis dans différentes universités, il y a des pôles d’excellence, en général animés par un directeur de recherche exceptionnel. Ce sont ces pôles qui définissent la personnalité et le rayonnement de l’Université. Ce qu’il faudrait, à mon avis, comme les étoiles du Michelin, c’est un suivi de ces pôles, doublé d’une estimation des voies de recherche qui sont les plus porteuses d’avenir. Par exemple, la voie de la chimie “intermédiaire” ouverte par de Gennes, ou encore la neurobiologie sont très vraisemblablement des disciplines d’avenir, comme l’a été il y a vingt ans la physique des particules…

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