Enseignement supérieur et recherche : trouvez l’auteur
Je ne me suis permis qu’un redécoupage en paragraphes, en dehors duquel le texte est restitué sans aucune altération :
L’enseignement supérieur a été dévoré par les écoles spéciales, du type napoléonien. Les Facultés même ne méritent guère d’autre nom que celui-là. Qu’est-ce qu’une Faculté des Lettres, sinon, avant tout, une usine à fabriquer des professeurs, comme Polytechnique une usine à fabriquer des ingénieurs ou des artilleurs ?
D’où deux résultats également déplorables. Le premier est que nous préparons mal à la recherche scientifique ; que, par suite, cette recherche chez nous périclite. Interrogez à ce sujet un médecin, par exemple, ou un historien ; s’ils sont sincères leurs réponses ne différeront guère.
Par là, soit dit en passant, notre rayonnement international a été gravement atteint : en beaucoup de matières, les étudiants étrangers ont cessé de venir chez nous, parce que nos universités ne leur offrent plus qu’une préparation à des examens professionnels, sans intérêt pour eux.
D’autre part, à nos groupes dirigeants, trop tôt spécialisés, nous ne donnons pas la culture générale élevée, faute de laquelle tout homme d’action ne sera jamais qu’un contremaître. Nous formons des chefs d’entreprise qui, bons techniciens, je veux le croire, sont sans connaissance réelle des problèmes humains ; des politiques qui ignorent le monde ; des administrateurs qui ont l’horreur du neuf. À aucun nous n’apprenons le sens critique, auquel seuls (car ici se rejoignent les deux conséquences à l’instant signalées) le spectacle et l’usage de la libre recherche pourraient dresser les cerveaux.
Enfin, nous créons, volontairement, de petites sociétés fermées où se développe l’esprit de corps, qui ne favorise ni la largeur d’esprit ni l’esprit du citoyen.
C’est assez violent, car rédigé dans une époque violente. Le texte est rédigé dans une syntaxe française qui nécessite des retours en début de phrase ou en d’autres points du texte afin de prendre exactement la mesure de l’argument, ce qui permet aussi de dater approximativement le texte.
Alors ? Et sans Google !
Mise à jour : comme direaient les autres, le niveau monte ! Plusieurs personnes ont reconnu Marc Bloch, dans un texte publié dans Les Cahiers politiques en 1943.
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Hum… Mendès-France, peut-être ?
Crozier ?
Marc Bloch a écrit des choses similaires, non ?
Intéressant… J’essaie De Gaulle. Puis je google ;)
Ah, quelqu’un a trouvé ! Mais lequel ? Suspense !
Je met un billet sur Marc Bloch aussi…
Fastoche, tout le monde connaîtt, c’est de Marc Bloch, L’étrange défaite, première année de Sciences Po, autant dire la maternelle !
… Non pas L’étrange défaite, Notes pour une révolution de l’enseignement…
Nicolas Sarkozy ?
Pas vraiment, non… La réponse est en fin de billet désormais.
Sarkozy…. mouhahahahaha
:D
Quoique, on peut réécrire le texte, façon Sarkozy :