La syndication
Dans la blogosphère, la syndication, c’est le nerf de la guerre. La guerre, c’est l’information : en collecter, autant que possible, mais surtout le plus rapidement et le mieux possible. Jusqu’à récemment, la guerre pour l’information était une guerre de position : la seule manière de lire cinquante sources différentes consistait à se ruer successivement sur cinquante pages d’accueil, en espérant voir une petit tache jaune
se secouer à côté d’une nouveauté.
La syndication, c’est ce qui permet de s’éviter cette longue tâche pénible et laborieuse.
Quoi que c’est exactement
Avertissement : contrairement à la plupart des tutoriels
que l’on trouve en ligne pour aider les Français à s’émanciper du Minitel, le texte qui suit ne vous prend pas pour un demeuré en vous donnant autant de détails sur les technologies impliquées comme si vous veniez de sortir d’un coma vigile de trente-cinq ans. Certains egos peuvent en sortir froissés, excusez-m’en par avance.
La syndication fonctionne grâce à un tryptique { principe ; format ; agent }. Le principe est celui d’une activité de veille documentaire automatisée : toute nouveauté est signalée directement à l’utilisateur qui a pris le soin de s’abonner préalablement, sans que celui-ci ait à consulter la source. Un fichier formaté de manière spécifique sert à faire le relais entre l’émetteur et le lecteur. Le lecteur se sert d’un logiciel (en ligne ou hors-ligne) qui sert d’agent de veille : le logiciel lui présente l’ensemble du nouveau contenu, agrégé, trié par dossiers thématiques, par date de modification, prêt à la lecture.
À quoi que ça sert
À gagner du temps, principalement. Rien de mieux qu’un exemple. Vous lisez Le Monde en ligne parce que la version papier est outrageusement chère et accessible uniquement aux CSP+ qui ne savent plus quoi faire de leur argent. Vous en avez simplement ras-le-bol de vous rendre quatre fois par heure sur le site du Monde et d’entreprendre ensuite une fouille quasi-archéologique à travers le site sinueux du quotidien pour ne finalement y trouver qu’un article ou deux que vous n’ayiez déjà lu.
Pour éviter de vous taper des heures de vaines recherches, vous vous abonnez au flux de syndication de la rubrique Société
du Monde, et vous faîtes de même avec d’autres titres de presse. En un coup d’oeil à votre agrégateur, vous êtes à présent capable de savoir si Le Monde, Libération ou L’Humanité ont publié un article dans leurs rubriques Société
respectives.
J’ai forcé le trait volontairement, mais cette situation se produit tous les jours à de moindres degrés, dès lors que l’on cherche à suivre une source d’information particulière (un titre de la PQN, l’European Journal of Cancer, un site spécialisé, qu’importe).
Comment qu’on fait
- Trouver un agrégateur. Il y en a désormais des centaines, mais à moins d’être anglophobe, Google Reader a succédé à Bloglines comme meilleure solution en ligne.

Aperçu de l’interface Google Reader. La colonne de gauche permet de classer ses blogs. - Repérer les
flux de syndication de vos sources d’information. Il faut s’amuser à traquer les petits rectangles oranges, les sigles : XML, RSS, Atom… ou bien utiliser un navigateur Internet capable de détecter la présence de flux de syndication par lui-même, comme Mozilla Firefox. - Rentrer les adresses de tout plein de flux dans l’agrégateur, laisser mijoter une heure, revenir devant son agrégateur et découvrir la liste des nouveaux articles de ses blogs et sites favoris. Vous pouvez essayer avec mon propre flux de syndication et lire les derniers articles sortis de mon blog Boîte noire.
Note : si vous vous trouvez dans une université, le personnel de votre centre de documentation est censé savoir à peu près se servir des technologies de l’information et de la communication (peut-être pas vous faire l’historique des recommandations RSS 0.9x ou vous rédiger un flux Atom from scratch non plus, hein). En désespoir de cause, vous pourriez attrapper quelqu’un là-bas pour qu’il vous explique en détail comment cela doit fonctionner.