Cyberspace. A consensual hallucination experienced daily
by billions of legitimate operators.

William Gibson, Neuromancer.

A life spent making mistakes is not only more honorable, but more useful than a life spent doing nothing.

George Bernard Shaw.

François/phnk

Amartya Sen, “Mondialisation et justice sociale”

19 mai 2006 · Science politique

A. Sen - Le Monde Ma traduction de l’intervention d’Amartya Sen intitulée Mondialisation et globalisation est parue ce soir dans Le Monde (édition du samedi 20 mai 2006). L’intervention originale a été prononcée le dimanche 14 mai, lors du colloque la nouvelle critique sociale organisé à Grenoble les 12, 13 et 14 mai par La République des Idées.

Cette traduction a bénéficié d’un grand nombre de remarques, de critiques et d’ajouts sans lequels elle n’aurait probablement pas atteint le standard de publication. Merci donc à Amanda, Geneviève, Séverine, Yvan et aussi Frédéric, Morgan, Wojtek, François… et les autres que j’oublie mais qui se reconnaîtront.

Téléchargement de l’intervention

L’intervention d’Amartya Sen peut être écoutée en ligne sur le site du Monde, ou directement sur Boîte Noire :

La version du texte que je place au téléchargement a été distribuée aux invités du colloque à l’ouverture de la dernière séance plénière. Le Monde a procédé, dans se version, à quelques retouches, dont le titre (cf. ci-dessous).

Mondialisation ou globalisation ?

Le Monde a choisi de retitrer le texte Mondialisation et justice sociale. Je tiens par conséquent à expliquer pourquoi je me suis personnellement refusé à utiliser, dans ma traduction, le terme mondialisation par lequel on traduit habituellement le sens du terme anglais globalisation.

La mondialisation est arrivée dans le débat public français par l’intermédiaire du Front National dans les années 1980, pour stigmatiser l’immigration et rendre saillantes les conséquences économiques que le Front National lui prête : trois millions de chômeurs, trois millions d’immigrés. En 1995, Jacques Chirac se servit également du terme pour désigner les relations économiques mondiales comme cause principale de la fracture sociale.

À l’inverse, le texte d’Amartya Sen présente la globalisation comme une forme de principe-espérance pour les populations qui, au jour d’aujourd’hui, n’ont rien ou à peine de quoi vivre. Cette vision est diamétralement opposée aux visions de la mondialisation exposées plus haut ; j’ai donc évité de rendre les deux discours solidaires autour d’une même terminologie.

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Référence : François, Amartya Sen, “Mondialisation et justice sociale”, Boîte Noire, 19 mai 2006.
Accessible en ligne : http://phnk.com/blog/scpo/traduction-amartya-sen/.

Discussion

8 commentaires :

Félicitations.
Alors, ça fait quoi d’être une star ?

Antoine Belgodere, 19 mai 2006

Eh bien, au prix où Le Monde paie les traducteurs étudiants bénévoles, on continue à manger trois fois, euh non, deux fois et demi par jour.

François, 20 mai 2006

Sur le concept de mondialisation, très bon article sur le blog de Philippe Quéau.

Ariane Christen, 20 mai 2006

Ca fait quoi d’être une star : on a tout plein de chouettes dédicaces dans ses bouquins phares ! Et on peut crâner devant ses copains…

Amanda, 22 mai 2006

Merci pour cette traduction et les liens. En ce qui concerne la différence entre mondialisation et globalisation, je suis d’accord avec vous en principe. Quand Sen travaillait plus avec Nussbaum, il y avait plus de référence au cosmopolitisme, qui ressemble plus à ce qu’il souhaite pour les pays en voie de développement. Mais il est vrai que les économistes n’utilisent pas le terme cosmopolite. Merci encore.

STA, 24 mai 2006

Cette précision est intéressante, je ne la connaissais pas.

En rapport avec votre note du 22 mai sur la presse, j’ai une citation supplémentaire à vous proposer :

The daily press is the evil principle of the modern world, and time will only serve to disclose this fact with greater and greater clearness. The capacity of the newspaper for degeneration is sophistically without limit, since it can always sink lower and lower in its choice of readers. At last it will stir up all those dregs of humanity which no state or government can control.

Sören Kierkegaard, The Last Years: Journals 1853-55

François, 24 mai 2006

Merci beaucoup pour cette citation. Je suis prof de philo et je travaille souvent sur Kierkegaard et pourtant je n’avais jamais vu cette citation. Merci encore.

STA, 24 mai 2006

Salut François ! C’est très drôle parce que je fréquente ton blog depuis plus d’un an (je connaissais aussi celui d’Amanda !) et, quand je vous ai rencontré à Grenoble (le jour d’A. Sen), je ne savais pas que c’était vous !
Bonne continuation !

Barbara S., 17 juin 2006

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