L’IEP Grenoble commente l’actualité politique
Parenthèse localiste. Dans les derniers jours, les enseignants de Sciences Po Grenoble étaient présents dans les médias pour commenter quelques faits marquants de l’actualité. Je ne sais pas trop pourquoi, mais il y a un biais intéressant : les interventions ont été faites dans deux médias confessionnels.
- Dans La Croix, Pierre Bréchon est intervenu une première fois sur les déterminants du vote, parmi lesquels la religion qui reste, en dépit de son effacement progressif de la conscience collective, un marqueur important. Ensuite sur le vote catholique ; l’article fait le tour du rapport entretenu par les électeurs catholiques (occasionnels ou pratiquants) avec le corps électoral, et en particulier avec l’extrême-droite où les choses sont plus compliquées que ce que l’on présume parfois : les électorats MPF et FN ne sont pas substituables, et les catholiques sont ambivalents dans leur relation vis-à-vis du FN.
- Toujours dans La Croix, il y a les précisions de Florence Chaltiel sur les compétences des États-membres et de l’Union européenne par rapport au statut des eurodéputés polonais refusant de se soumettre à une loi censée parfaire la transition démocratique polonaise. J’avais suivi un cours de transitologie—l’étude des transitions démocratiques, principalement en Amérique latine et en Europe de l’Est—qui semble indiquer que la méthode suivie par cette loi est vouée à l’échec, si l’on compare avec des tentatives idoines qui se sont finalement conclues par des amnisties générales. Peut-être la comparaison avec l’ÉPuration serait-elle aussi envisageable.
- Enfin, Olivier Ihl a analysé le premier scrutin présidentiel pour Radio Vatican.
En complément, Dominique Labbé : Il n’y a qu’en France qu’on décide avant et qu’on discute après
, Économie Matin, 21 mai 2007. Dominique Labbé évoque le Conseil Économique et Social (titre XI de la Constitution), qui, pour faire court et simple, n’a aucun rôle dans le processus de décision politique. Le reste de l’article explique comment recalibrer le rôle des syndicats sur leur représentativité. Le problème sous-jacent reste les taux de syndicalisation, qui sont faibles, même si tout n’est pas noir pour autant. La représentation salariale n’est pas un impératif institutionnel en France : si les salariés n’ont pas voix au chapitre dans une entreprise, il ne paraît pas nécessaire de modifier l’état des choses. C’est une erreur culturelle, qui est en voie d’être rectifié (au moins dans les mentalités) dans des domaines adjacents, sans tomber nécessairement dans l’excès inverse.
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