À l’est de l’identité politique européenne
Andrei Pleşu, philosophe roumain, interviewé par l’association Notre Europe :
Nous allons vous apporter une certaine lassitude historique. Car, oui, nous sommes fatigués. Mais cette fatigue peut aussi devenir une vertu, parce que l’Europe a oublié d’avoir l’air fatigué : elle est trop active, trop dynamique, elle parle toujours de l’avenir, elle fait des projets. Pourtant, l’Europe, c’est aussi un passé– et l’Est va peut-être pouvoir lui apporter un peu de recul, un peu de calme, un peu du silence analytique qui lui est aussi nécessaire que le dynamisme du citoyen de l’Ouest.
Ces quelques lignes, à mon sens très justes, m’ont convaincu à nouveau d’une opinion que je m’étais formé il y a quelques mois, en scrutant les travaux de recherche universitaires sur la politique européenne : nous commençons à peine à lire les esprits de l’Est, que nous connaissons autrement très mal. Intuitivement, je ne vois pas comment comment nous pourrons nous passer de la pensée tchèque, roumaine, hongroise, polonaise.
L’Union européenne devrait profiter de ses objectifs de société de la connaissance
et de sa portée juridique communautaire pour organiser la jonction intellectuelle entre les deux mondes : jumelage des universités, des musées ou traductions croisées, par exemple. La démarche est peut-être extensible à toute forme de recherche. Elle semble très appropriée pour la science politique.
Crossrefs : Pierre Maura.
Avec mes excuses pour la coupure radicale d’activité ; bon été !
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