Cyberspace. A consensual hallucination experienced daily
by billions of legitimate operators.

William Gibson, Neuromancer.

A life spent making mistakes is not only more honorable, but more useful than a life spent doing nothing.

George Bernard Shaw.

François/phnk

Les petites choses utiles du mardi, vol. 70

22 janvier 2008 · Petites choses

Les photos de l’Inde sont en cours de traitement. Voici un échantillon. L’heure est à l’illustration, voici quelques petites choses utiles, dont beaucoup en images :

  • Ce résumé d’article sur la religiosité des scientifiques américains constitue une excellente introduction aux problèmes classiques de la causalité, et en particulier l’auto-sélection.
  • Éric Dupin illustre (hélas!) par une expérience personnelle tout ce que l’on peut lire dans Le Canard enchaîné sur la direction du Figaro, ce chevalier blanc du journalisme libéral et aronien :

    Cet article a été rédigé le 17 décembre 2007 et envoyé à la rédaction du “Figaro”, journal avec lequel j’avais un accord de collaboration comme chroniqueur chargé de l’opinion et des élections depuis octobre 2006. Il a été censuré, sans que l’on me fournisse la moindre raison, par Etienne Mougeotte, nouveau directeur des rédactions. Les lecteurs jugeront de la dangerosité de cette analyse. J’ajoute que j’en avais publié, à l’époque où Nicolas Beytout dirigeait la rédaction de ce journal, de plus sévères pour l’actuel chef de l’Etat. Naturellement, ma collaboration avec le Figaro s’est arrêtée là. [complément]

  • Un lien de 3 Quarks Daily que je recommande une fois par semaine au minimum :

  • Le dernier livre de Jean-Pierre Le Goff apparaît sous le titre La France de M. Sarkozy (voire Sarkosy) chez certains libraires en ligne, mais la couverture publiée sur le site de Répliques indique un autre titre. Que s’est-il passé ?
  • Les interfaces d’Onyx et de Transmission ont été revues pour Mac OS X 10.5.
  • Un autre lien que je diffuse pour flatter mon inner Richard Dawkins :

  • Un malade refuse de soigner tant que les franchises sur les soins seront en application. Son geste a été suivi d’une réaction très rapide de la présidence et du ministère concerné, car comme les actions de grève de la faim, le moyen de pression augmente avec le temps, dû à la détérioration de l’état de santé des contestataires. C’est un répertoire d’action d’ultime recours, généralement utilisé par ceux qui ne disposent d’aucune autre ressource d’appel d’une décision ; il y a des cas intéressants, comme celle d’un enseignant en mathématiques et cellel d’un député.

    Dans le cas présent, la réaction des pouvoirs publics est restée au stade de la négociation bilatérale avec l’intéressé. La situation a permis de ramener certaines incohérences à la surface : pénalisation des malades en affection de longue durée, incohérence de l’exécutif au sujet du remboursement (apparemment l’Élysée pense et écrit que les franchises sont remboursables ; si elles l’étaient, la réforme aurait pour but de faire augmenter les cotisations des assurances complémentaires au lieu de responsabiliser les patients… étrange objectif de politique publique ! la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 ne prévoit donc pas de remboursement du ticket modérateur).

    Cette réforme est absurde. L’étude économique des franchises de soins montre que la réforme ne produira pas l’effet escompté. Même dans l’hypothèse d’un résultat inverse, la réforme ne produira pas l’effet politique de rééquilibrer les comptes de l’assurance-maladie, sauf à considérer que le déficit n’est pas le résultat d’une absence de recettes. Le seul effet de cette réforme sera épidémiologique : une partie de la population va aggraver son état de santé en interférant avec ses soins pour des motifs économiques. Cette réforme signe le prolongement d’inégalités de santé marquées dans l’échelle des revenus, contre lesquelles la convention de l’UMp s’était pourtant engagée.

    La situation actuelle est un double produit : d’une part, la volonté de l’exécutif de mener à bien son projet de responsabilité généralisée (mes termes) a surmonté les obstacles techniques, comme celui de l’exemption des femmes enceintes ; d’autre part, l’opposition (l’obstacle politique) est faible, malgré une pétition et quelques associations.

  • Matt Burlingame :

    Matt Burlingame

  • Le bootleg de Frank Zappa à Saarbrücken (1978) est vraiment très bon, mis à part le petit raté d’enregistrement au tout début sur Dancin’ Fool qui massacre la basse d’Arthur Barrow pour quelques secondes. Ce tout petit détail excepté, c’est un de mes bootlegs favoris, au même titre qu’un enregistrement désastreux d’Iggy Pop qui a toute la saveur du punk, et Earthbound de King Crimson, qui mérite d’être compté dans les bootlegs.
  • Against all odds, Microsoft Word 2008 est une réussite. La théorie reste la même : word processors are stupid and inefficient, slideware is often harmful and obtuse. Mais la pratique est vraiment différente. La nouvelle typographie, en particulier, est excellente.
  • Ça me rappelle le Mission: Impossible improvisé par Lalo Schifrin au festival Jazz à Vienne, il y a quelques années (à ceci près que Schifrin a signé le thème lui-même) :

  • Pour ceux qui regrettent l’époque où Emmanuel (Ceteris Paribus) postait la moitié des graphes du dernier numéro de The Economist chaque semaine (j’exagère peut-être un peu), c’est une forme de comeback grâce aux cotes de popularité agrégées : l’Élysée baisse, Matignon baisse moins. Les sondages sont restés favorables à la présidence pendant la session extraordinaire de l’été qui a servi à abaisser le bouclier fiscal et à adopter la loi TEPA du 21 août 2007 sur le pouvoir d’achat de Johnny Halliday.

    Je serais curieux de connaître l’effet sur l’opinion de la complaisance diplomatique vis-à-vis de la Fédération russe, de la Chine, des États-Unis, de l’Arabie saoudite et de la Libye. À la lecture de ces courbes, pour Olivier Duhamel de titrer sa chronique du 18 janvier 2008 Sarkozy : premières déceptions (mes italiques) est assez amusant.

  • Et encore, je suis resté poli.

Référence : François, Les petites choses utiles du mardi, vol. 70, Boîte Noire, 22 janvier 2008.
Accessible en ligne : http://phnk.com/blog/petites-choses/70/.

Discussion

8 commentaires :

C’est moi ou le « Mission: Impossible » est plutôt le thème classique de James Bond ?

cStud, 22 janvier 2008

Cette réforme est absurde. L’étude économique des franchises de soins montre que la réforme ne produira pas l’effet escompté.

Justement, est-ce que tu aurais quelques lectures à conseiller sur la question ?

Antoine, 22 janvier 2008

Oui, l’opus de Pierre-Yves Geoffard, précédemment cité dans ces colonnes. Le bouquin contient les bases : l’aléa moral et l’auto-sélection (les deux phénomènes qui rythment la vie économique des dispositifs assurantiels), l’expérience de la RAND (il est rare de disposer de ces données, donc c’est une expérience précieuse, même si elle date de trente ans). Le bouquin est sans pitié pour le ticket modérateur sur soins lourds, notamment.

Voir aussi l’entretien de l’auteur avec Serge Cannasse, mon copain virtuel passionné de politique de santé.

Plus compliqué, il y a les chapitres sur le patient cost-sharing dans les handbooks of health economics. Mais Geoffard est la meilleure introduction, gratuit, en ligne, avec d’autres.

On peut compliquer en prenant en compte les objectifs de financement des plans-santé, dont le statut n’est pas très clair : ce sont des compléments aux dépenses de santé courantes, donc ils modifient l’équilibre recherché. Sarkozy a inventé dans ses discours des mécanismes de péréquation très étonnants (régimes spéciaux finançant les petites retraites, dépenses de santé finançant les grands malades…) mais totalement fictifs de par ailleurs, sans parler du décalage avec la notion conventionnelle de solidarité nationale inscrite dans le régime de protection sociale. C’est une conduite au gouvernail un peu hasardeuse et économiquement très vague.

François, 22 janvier 2008

Je viens de comprendre la stupidité de ma remarque plus haut. Mea culpa pour cette pollution.

cStud, 22 janvier 2008

Pour ceux qui regrettent l’époque où Emmanuel (Ceteris Paribus) postait la moitié des graphes du dernier numéro de The Economist chaque semaine (j’exagère peut-être un peu)

:)

Il faut dire qu’à cette époque préhistorique, les articles en ligne de The Economist étaient encore réservés aux abonnés. La valeur ajoutée est moindre aujourd’hui.

… l’expérience de la RAND (il est rare de disposer de ces données, donc c’est une expérience précieuse, même si elle date de trente ans).

A ce propos, tu as un avis sur la polémique récente remettant en cause la validité de cette étude ? Liens : [#1, #2, #3].

Emmanuel, 22 janvier 2008

Je viens de lire tout ça : la critique achève le résultat selon lequel l’état de sante reste stable avec ou sans co-paiement. Cela tend à faire pencher l’étude vers une aggravation des inégalités de santé dans les systèmes sans opt-out.

François, 22 janvier 2008

tut tut tut le thème c’est James Bond et non mission impossible

jumbo, 25 janvier 2008

J’aurais dû être plus clair : c’est l’idée d’intercaler un thème au milieu d’un autre morceau qui me rappelle ce qu’avait fait Lalo Schifrin !

François, 25 janvier 2008

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