Les petites choses utiles du mardi, vol. 19
- Pierre Assouline a quelques citations savoureuses de George Steiner et Fernand Braudel à partager.
- Le site Adminet a réalisé une jolie liste d’observatoires divers et variés. Excessifs, insignifiants, les deux ? Le temps de lecture des rapports respectifs de ces observatoires demanderait probablement des journées de soixante heures à leurs destinataires, ce qui m’évoque une autre statistique, donnée par Jean de Kervasdoué dans son ouvrage Pour une révolution sans réforme : les huit dernières années, écrit-il en 1999, il s’est publié plus de littérature biomédicale qu’au cours des siècles précédents.
- PubMed a adopté la feed icon standard ! La syndication termine de s’inscrire dans les moeurs professionnelles des médecins.
- Petit détail utile : je hais viscéralement le football. Si ça ne tenait qu’à moi, l’ISF deviendrait l’Impôt Sur les Footballeurs (de haut niveau, s’entend) : 95% de base de calcul, 75% de prélèvement, soit une imposition exemplaire pour un coût de collection moindre. Ne seraient concernés que quelques individus généralement réunis par bande de onze sur de grands espaces verts. On réunirait un PIB de petit pays africain tous les trimestres, pour financer la recherche sur les maladies mentales et la formation professionnelle des cols bleus licenciés de chez Daewoo. Zidane aiderait à reconstruire la moitié de Marseille ; Cissé serait soigné tout en réalisant l’ONDAM.
Les deux pires événements pouvant surgir sont, par ordre croissant, une victoire française mais surtout une victoire italienne (Grenoble est une base arrière de la Juventus, avec des fan clubs qui ont pignon sur rue). Le but marqué hier contre le Ghana donne l’impression que le centre-ville traverse un renversement de régime. On peut pas leur blesser un ou deux joueurs à eux aussi ? Dominique A. a chanté qu’il ne faut pas souhaiter la mort des gens. Juste un fémur alors ?
Ce blog ne parlera pas plus de football.
- Telos-Eu publie un article un peu superficiel sur les effets pervers du marché du logement. Comme pour un autre marché auquel je me suis un peu plus intéressé, le marché des soins ambulatoires, les effets d’information qui forment l’épine dorsale de la théorie des conventions et des contrats jouent à plein : le principal ne sait pas grand chose de l’agent.
L’article explique que des mesures réglementaires louables (adossées à l’accessibilité, à la lutte contre la pauvreté) viennent avec leur lot de conséquences indésirables. Ceci dit, l’auteur ne considère pas frontalement le paradoxe constitutif du parc locatif français : des centaines de milliers de logements sont vides à l’heure actuelle, pour autant de locataires potentiels recherchant un logement, salubre, spacieux, abordable.
La conclusion de l’article n’est que partiellement exacte : injecter de l’information dans le marché n’aura pas obligatoirement l’effet escompté, étant donné qu’une partie des blocages s’explique déjà par des informations comme le groupe ethnique, trahi par le patronyme. Une partie des dossiers en agence est écartée surtout par la crainte de non-solvabilité : je ne vois pas ce problème se résoudre par un afflux ou un reflux d’information. S’il est bien un problème en politiques publiques qui se résoudrait par une simple hausse des revenus, c’est probablement celui-ci.
L’article m’a fait penser à l’histoire du percepteur revenant sur Terre dans le recueil de Marcel Aymé, La jument verte. À mettre entre toutes les mains.
- Les passages sur la France dans Crooked Timber (citant le FT) ne manquent jamais de piment.
- Pour filer la métaphore culinaire, le Parti Socialiste a rendu sa bouillie programmatique. Je ne comprends pas que les conseillers du parti laissent passer ce type de document. Récemment, j’ai cité la
Lettre à tous les Français
: c’est un document intelligible (du latin intellegere, comprendre), concis, avec lequel on peut respectueusement être en désaccord sur tout, sans pour autant nier la qualité intrinsèque du texte. - Jakob Nielsen scripsit :
Many users are getting quite skilled at managing email, since it’s such an important tool for both business and personal use. (Email is the Internet’s true killer app — websites are a poor second as far as most users are concerned.) On average, users maintained 3.1 email accounts each, using different accounts for different purposes.