Cyberspace. A consensual hallucination experienced daily
by billions of legitimate operators.

William Gibson, Neuromancer.

A life spent making mistakes is not only more honorable, but more useful than a life spent doing nothing.

George Bernard Shaw.

François/phnk

Hunter S. Thompson: “Hell’s Angels”

4 novembre 2006 · Inclassables

Le fil de dépêches Société de l’AFP proposait, le 21 août 2005, cette définition irrésistible d’Hunter S. Thompson :

Les cendres du journaliste et écrivain américain Hunter S. Thompson ont été dispersées samedi soir, six mois après sa mort, par un tir de canon dans le Colorado (ouest), selon les volontés de l’inventeur déjanté du “gonzo-journalisme”, ont annoncé les médias locaux…

L’acteur Johnny Depp, qui avait joué le rôle de Thompson dans le film adapté de son livre “Las Vegas parano” en 1998, figurait parmi les célébrités attendues à la cérémonie. C’est lui qui a financé la construction du canon, enchâssé dans une sculpture rouge en forme de poing pointant deux doigts vers le ciel et haute de plusieurs dizaines de mètres.

Hunter Thompson, personnage haut en couleur, mais dont la santé déclinait, s’est tiré une balle dans la tête le 20 février dernier. Il avait inventé le “gonzo-journalisme” dans les années 1960, livrant des reportages écrits à la première personne sans souci aucun d’objectivité.

Les cendres du “gonzo-journaliste” Hunter S. Thompson dispersées au canon, AFP, 21 août 2005

En cherchant à lire un de ces reportages écrits à la première personne sans souci aucun d’objectivité, j’ai eu la chance de tomber sur l’article qu’Hunter S. Thompson rédigea en 1965, pour le magazine américain The Nation : The Motorcycle Gangs: Losers and Outsiders.

Hell's Angels L’article est une invitation à lire le livre que Thompson a rédigé à partir des notes collectées en une année passée au contact des Hell’s Angels. L’édition Penguin m’a coûté 13 euros en librairie (Decitre), soit à peine plus cher que par Internet (Amazon) ; en réalité, elle m’a même coûté moins cher si l’on tient compte des frais de port, de la commission bancaire et de l’attente.

L’auteur ponctue son récit de citations fort à propos. Le livre s’ouvre sur quelques lignes de François Villon, qui fut peut-être le premier Hell’s Angel. Une exergue a particulièrement retenu mon attention :

The daily press is the evil principle of the modern world, and time will only serve to disclose this fact with greater and greater clearness. The capacity of the newspaper for degeneration is sophistically without limit, since it can always sink lower and lower in its choice of readers. At last it will stir up all those dregs of humanity which no state or government can control.

Sören Kierkegaard, The Last Years: Journals 1853–55

Le récit en lui-même est écrit dans un style impeccable. L’auteur s’éclipse derrière des propos rapportés dès que nécessaire, sans jamais jouer au jeu de la paraphrase littéraire. L’ironie glaciale et l’humour noir des situations transparaissent naturellement, sans que Tompson n’ait à forcer le trait en passant par un quelconque artifice stylistique :

The next morning Terry the Tramp was one of four Angels arrested for forcible rape, which carries a penalty of one to fifty years in the penitentiary. He denied all knowledge of the crime, as did Mother Miles, Mouldy Marvin and Crazy Cross — but several hours later, with bond set at a lowly $1,100 each, they were lodged in the Monterey County Jail in Salinas. . . out there in Steinbeck country, the hot lettuce valley, owned in the main by smart second-generation hillbillies who got out of Appalachia while the getting was good, and who now pay other, less-smart hillbillies to supervise the work of Mexican braceros, whose natural fitness for stoop labor has been explained by the ubiquitous Senator Murphy: “They’re built low to the ground,” he said, “so it’s easier for them to stoop.”

Suivre la vie des gangs de Hell’s Angels aux côtés d’Hunter Thompson, de Los Angeles à Oakland, m’a rappelle l’ambiance d’un jeu créé par LucasArts : Full Throttle. Un jeu inoubliable, très drôle, ryhtmé par la musique des Gone Jackals.

Full Throttle

Hell’s Angels, de Hunter S. Thompson, à lire en écoutant Bob Dylan. Je l’ai fait il y a un an environ, pendant un voyage à Budapest, et je vous conseille les deux.

, ,

Référence : François, Hunter S. Thompson: “Hell’s Angels”, Boîte Noire, 4 novembre 2006.
Accessible en ligne : http://phnk.com/blog/inclassables/hells-angels/.

Discussion

2 commentaires :

Excellent post ! Assez inhabituel et très classe !

Par contre je tenais à te signaler des problèmes d’affichage sur mon ordi (avec Firefox 2.0): on voit des traits horizontaux parsemer le texte… C’est pas très gênant, mais ça fait un peu site mal fini, ce qui me semble un peu suspect venant de ta part :) Je suis peut-être le seul à les voir, je sais pas!

Bonne lecture!

P.S. : toi qui m’as convaincu de regarder Lost, je te conseille à mon tour de suivre la nouvelle série de NBC Heroes, qui est ÉNORMISSIME. Entre 20th Century Boys et The Watchmen (pour les connaisseurs), c’est une vraie drogue !

Jérémy, 4 novembre 2006

Les traits viennent, hélas, de Firefox ! Ils n’apparaissent pas avec les autres browsers que je teste. Je vais peut-être modifier mon template en profondeur, donc affaire à suivre.

Je jetterai un coup d’oeil à Heroes, maintenant que nous avons terminé The West Wing, il y a comme un vide… On a repris E.R. aussi ! Je vise Prison Break, The Sopranos, peut-être Black Books.

François, 4 novembre 2006

Laisser un commentaire :