Ce qui fait un ministère mineur
Pêle-mêle, sans lien et en attendant la reprise d’activité :
- Un inconvénient comparatif dans les classements de la haute fonction publique. La santé n’est pas privilégiée dans les classements sortants de l’ÉNA. La
botte
va vers le Conseil d’État, la Cour des Comptes et l’Inspection Générale des Finances ; l’Inspection Générale des Affaires Sociales arrive plus près de la fin. - Un ordre protocolaire faible. L’ordre protocolaire de la Santé est historiquement faible. Ce fut même l’avant-dernier ministère dans un gouvernement des années 2000. La Santé fut même, un moment donné, donné à un secrétariat d’État (qui, à la différence du ministre et du ministre délégué, n’assiste pas nécessairement au conseil des ministres). Impressionnant, pour un ministère qui supervise un objectif de dépenses d’assurance-maladie de 132 milliards d’euros, si l’on se fie à l’estimation CCSS 2006 de l’ONDAM.
- Un traitement inapproprié dans le découpage des commissions parlementaires. La santé n’a pas de commission parlementaire : les affaires sociales, familiales et culturelles forment un gros ensemble peu distinct, contrairement à la défense ou aux finances.
- Un manque d’indépendance par rapport aux autres ministères. Ce rattachement aux affaires sociales est illustré dans la trajectoire du ministère, qui ne s’était émancipé que récemment. Cette indépendance est brisée : la santé est placée aux côtés des sports et le contrôle de l’assurance-maladie lui est retirée au profit du nouveau ministère comptable (l’inconscient boutiquier de la droite revient en force), ce qui promet un nouveau duel entre fonctionnaires de Ségur et fonctionnaires de Bercy.
- Un intitulé variable. Le ministère de la Santé fut autrefois le ministère de la Santé Publique – jusqu’au premier gouvernement de Jacques Chirac si ma mémoire est bonne. Les intitulés ont changé, la Santé est devenue l’antichambre de gestion du déficit de la branche de l’assurance-maladie sous la pression des contraintes budgétaires. Il y a eu un retour en grâce de la santé publique grâce à quelques personnalités ministérielles et à un contexte de crises successives.
Tout ceci ne préjuge évidemment pas de la très grande qualité des ministres et de leur personnel. Mais ce sont les traits distinctifs d’un ministère mineur. Le nouveau gouvernement l’illustre avec éclat.
Le tout en images, comme ils disent :
- Le Monde,
Télézapping
, 18 mai 2007 - Canal Plus,
Le Zapping
, 19 mai 2007 - Canal Plus,
Les Guignols de l’Info
, 24 mai et 29 mai 2007. - Canal Plus,
Le Zapping
, 4 juin 2007 - Site du Premier ministre, 6 juin 2007 (vidéo ; copie). Best of :
- Parler du ministère des Sports comme d’un ministère
prestigieux
. - Évoquer la
coupe du monde de f… de rugby
. - Caser
démocratique
etPékin
dans la même phrase.
- Parler du ministère des Sports comme d’un ministère