Le CPE à (Sciences Po) Grenoble

by Fr. on March 20th, 2006

Présentation : le texte qui suit est une présentation des débats, des votes et des protestations autour du Contrat Première Embauche, tels qu’ils ont été organisés à l’IEP de Grenoble parmi les étudiants. Les mises à jour ont cessé avec le retrait de facto du CPE.

Bannière IEP Grenoble
Le cortège Sciences Po passant à proximité de mon ancien lycée, le lycée Stendhal au centre ville de Grenoble.

Il faut noter que l’IEP a continué de se mobiliser remarquablement, cf. le journal télévisé 12|14 de France 3 Rhône-Alpes du 13 avril 2006 contenant également un point de vue très posé et, à mon sens, d’excellente facture, de Yannick Vallée, président de Grenoble-1 et de la Conférence des Présidents d’Université (CPU) :

Mise à jour, 10 avril 2006 : la fin de semaine dernière m’a un peu échappé, l’IEP a restitué la souveraineté de son Assemblée Générale, a élu une commission de sauvetage des enseignements, bref… [cf. le blog dédié déjà cité pour un compte-rendu à peine plus détaillé].

Le Premier ministre a annoncé le remplacement du CPE par un énième dispositif d’aide à l’emploi. On sait que ces dispositifs sont déjà pléthore. Aucun d’entre eux n’a eu pour intention de renverser la situation actuelle, où les jeunes servent de variable d’ajustement, selon l’expression de François Dubet [Le Monde, Libération]. Comme le rappelle Louis Chauvel, le CPE n’est qu’un rouage dans un dispositif d’une autre ampleur, que le mouvement de protestation a laissé intact. Sans aller jusqu’au scénario de J. G. Ballard dans Millenium People (où la classe moyenne devient le nouveau prolétariat), on peut penser que la déstabilisation des classes moyennes mériterait un mouvement à plus large échelle. Les actifs ne peuvent pas se mobiliser une journée de plus : les étudiants, si. L’échéance de l’élection présidentielle de 2007 le mérite, sans parler de l’équilibre qu’il va falloir balancer contre le vote Front National probablement renforcé par les émeutes de novembre 2005.

Mise à jour, 4 avril 2006 : À Grenoble, les manifestations ont rassemblé sous le soleil 28 000 personnes selon la police et 60 000 selon les syndicats, ce qui en fait la deuxième plus grosse manifestation organisée dans cette ville depuis trente ans. Seule la manifestation anti-Le Pen au second tour de l’élection présidentielle en 2002 avec 57 000 manifestants avait été aussi importante. (Le Monde) J’étais aux deux. Bel épilogue…

Mise à jour, 3 avril 2006 : l’IEP de Grenoble a désormais son blog dédié. Le contenu est apparemment circonscrit aux communiqués et annonces concernant le mouvement de protestation contre le CPE. Une nouvelle Assemblée Générale va s’ouvrir dans une dizaine de minutes. La tendance qui semble se profiler serait au sauvetage des enseignements du second semestre, c’est-à-dire que le nécessaire soit fait pour éviter, par exemple, le report des examens.

Les attitudes risquent de se polariser dans les jours à venir. D’un côté, on peut s’attendre légitimement à ce qu’une partie de l’opinion se résigne (après tout, la loi pour l’égalité des chances a été promulguée, malgré la contorsion incompréhensible du président de la République), ou se satisfasse des aménagements à venir. La réduction de la durée du CPE à un an est, a priori, une révision valable pour une partie des économistes, qui estimaient que l’erreur se situait au niveau de la durée du CPE. Un an au lieu de deux, soit une marge d’erreur de 100% : il faudrait en tirer les conséquences sur l’attention que peut porter un gouvernement à l’avis de ses conseils scientifiques. La présentation d’un motif semble également apaiser les opinions. L’aspect totalement fallacieux de cet aménagement ne semble pas choquer. Or, d’une part, les employeurs n’ont pas attendu le CPE pour inventer des motifs de licenciements si nécessaire, d’autre part, le motif demande encore à être transformé devant les tribunaux prudhommaux au cas où il ne contienne aucune justification valable (à noter que ces tribunaux s’autorisent à en appeler aux conventions internationales, ce que le Conseil constitutionnel ne fait pas).

De l’autre côté, on peut craindre une radicalisation d’une frange plus ou moins désespérée des opposants (cf. mise à jour précédente). Le risque est évidemment que, d’un point de vue politique, les manifestations paient le prix de leurs débordements. Dans tous les cas de figure, l’analogie avec 1995 est en train d’être dépassée.

Seconde mise à jour, 3 avril 2006 : 291 étudiants viennent de voter (reconduire) la suspension des cours (205 pour, 69 contre, 14 blancs, 3 nuls). Comme annoncé ci-dessus, un mouvement de radicalisation du mouvement s’est enclenché, puisqu’une décision à main levée a rattaché l’IEP aux décisions prises aux Assemblées Générales du campus. Si cette décision se traduit par l’arrêt de votes internes à bulletin secret sur l’IEP, elle augmentera les frictions à l’intérieur du bâtiment entre la direction, le corps enseignant et les étudiants, sur la problématique classique mais essentielle de la légitimité de la décision, et surtout de sa représentativité. En effet, je n’ai pas constitué de tableaux mais tous les chiffres sont donnés dans cette note à rallonge : la participation chute graduellement, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’IEP. Le mouvement est donc en train de se vider de sa substance, au fur et à mesure que la part des résignés augmente.

À terme, le débat risque de se cantonner à quelques votes à main levée tragi-comiques, dictés par des arguments d’autorité tendant vers le pathétique avéré. Quelques exemples ont eu lieu aujourd’hui, je préfère ne pas les évoquer par pudeur. Comme précédemment, le mouvement dispose toujours de toutes les munitions nécessaires pour se tirer des balles dans les pieds : au lieu de réfléchir au maintien de la participation/mobilisation comme en hiver 1995-1996, il commence déjà à se perdre dans des impasses stratégiques qui déboucheront, au mieux, sur un essouflement du mouvement, au pire sur sa neutralisation si des dérapages importants venaient à se produire. Le fait que le nombre de voix exprimées aujourd’hui corresponde à peine au tiers de ce qu’il était il y a deux semaines ne semblait pas inquiéter les organisateurs. À la décharge du gouvernement, celui-ci appréhende ce type de donnée avec beaucoup plus de professionnalisme. Les deux aménagements apportent une caution populaire et scientifique au CPE (cf. plus haut) : il ne manque qu’une maladresse du mouvement d’opposition pour que le conflit s’éteigne de manière quasi-totale avant lundi prochain. Cette issue était inéluctable, mais à l’heure actuelle, la stratégie gouvernementale couplée aux réactions désordonnées du côté étudiant font office d’accélérateur vers cet horizon de retour à la normale.

Mise à jour, 29 mars 2006 : l’IEP de Grenoble a organisé sa seconde Assemblée Générale ce soir, le vote a réuni 393 étudiants, dont 95 se sont prononcés contre la suspension des cours, et 288 pour la prolongation de la suspension actuelle [10 blancs, 6 nuls ; source : site officiel]. Le débat se poursuit dans le reste de l’agglomération, avec un bon relais Internet.

L’IEP s’est rattaché à un communiqué inter-IEP condamnant l’absence de dialogue au niveau gouvernemental. Un court débat a eu lieu sur la condamnation des violences, notamment celles des forces de l’ordre. La position que j’ai défendue est que la tournure du communiqué présentait un risque d’instrumentalisation, dans la mesure où il était facile d’y lire spontanément une condamnation plus ferme des violences policières. Les réactions irresponsables (saccage de l’EHESS, occupation de la Sorbonne) font partie intégrante du jeu gouvernemental : les placer en retrait serait, à mon avis, préjudiciable aux autres composantes du mouvement de protestation. Le texte a finalement était adopté sans modification (150 pour, 110 contre, 39 abstentions).

Un autre argument inquiétant pointe vers une radicalisation du mouvement sous l’effet de la sourde oreille primo-ministérielle, et de l’effet apparemment nul des manifestations – un répertoire d’action qui ne fonctionne plus. Inutile de préciser que c’est exactement ce que le gouvernement, et certains partis politiques comme le Front National (qui a condamné les grèves sur le principe de leur illégalité) attendent des étudiants. Ce sont des manifestations qui ont eu gain de cause en 1995, pas une radicalisation du mouvement, et pour l’instant, la stratégie gouvernementale a surtout fait croître le nombre de manifestants…

Le vote (dont la représentativité est en baisse : 2400 voix pour le blocage, 1500 contre ce matin en Assemblée Générale de l’UPMF, soit 33% de participation en moins et une majorité pour le blocage inférieure aux deux tiers des votants) s’achemine vers un maintien de la suspension des enseignements, mais les deux points particuliers relatés ci-dessus montrent que le mouvement possède encore la capacité de se tirer consécutivement plusieurs balles dans le pied. Le gouvernement attend des étudiants qu’ils soient encore plus maladroits que lui, ce qui ne semble pas être la plus mauvaise stratégie à l’heure actuelle au vu des débordements et des opinions circulant parmi eux.

Mise à jour, 24 mars 2006 : il semblerait que l’IEP ait échappé au pire, au vu de la tournure prise par les événements.

  • Le centre ville de Grenoble s’est changé en champ de bataille bourdonnant hier soir. Les rues centrales ont été ceinturées par les forces de l’ordre alors que les vitrines explosaient et que les commerçants baissaient leurs rideaux et faisaient monter la clientèle aux étages pour éviter les agressions et les blessures. Les CRS ont chargé plusieurs fois et ont recouvert la place de Verdun de gaz lacrymogène à partir de 16h30.


    Welcome to the Jungle
    Vidéo : Ch. Lions
    .

  • À Paris, outre les heurts devenus réguliers à l’extérieur, les locaux de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) ont été saccagés [autodafé supposé, polémique en cours] :



    L’EHESS mise à sac.
    Photo : André Gunthert

Mises à jour, 21-23 mars 2006 : les résultats de l’Assemblée Générale que j’ai annoncés au micro et à la presse sont disponibles en ligne, suivis d’un commentaire. Ces éléments ont été couverts en première partie du journal télévisé de France 2.

CPE, AG Grenoble, 21 mars 2006 - Résultats au micro
CPE, AG Grenoble, 21 mars 2006 - Commentaire

Enregistrement video [QT/WMV]
France 2, JT 20h, 21 mars 2006

Nota bene : l’information est excessivement tronquée dans le reportage de France 2, et encore plus dans le reportage de M6 Grenoble.

De l’Assemblée Générale, je souhaiterais retenir deux passages qui m’ont touché :

  1. Si je me souviens bien, au cours du débat, une personne a voulu citer Bakounine : Avant donc que d’écrire, apprenez à penser. L’auteur de cette phrase est Nicolas Boileau-Despreaux, elle est tirée de L’art poétique.
  2. Lors du second tour de prise de parole, une handicapée moteur a eu accès au micro et a pu s’exprimer librement, comme n’importe quelle autre personne de l’assemblée. Cette chance ne lui est pas offerte sur le marché de l’emploi, où la discrimination touche les personnes handicapées de manière encore plus aiguë que les autres publics discriminés. Patrick Weil cite, aux pages 78-79 de La République et sa diversité, les résultats accablants de l’étude de Jean-François Amadieu : pour 75 réponses sur un CV standard, une personne handicapée en reçoit 5 [autres résultats et publications]. Cette intervention et les applaudissements prolongés qui l’ont suivie étaient particulièrement poignants.

Autre information importante : l’IEP a tenu sa propre Assemblée Générale dans l’après-midi et a voté pour la mobilisation contre le CPE, et surtout pour l’annulation des enseignements jusqu’à vendredi inclus, à 415 voix pour, 148 contre, 14 nuls et 15 blancs (total : 592, soit 43% des 1350 étudiants de l’IEP). Les cours sont d’ores et déjà remplacés par une série conférences-débats, sans que les services essentiels soient interrompus pour autant.

J’ai voté contre le blocage en AG générale parce que je ne me retrouve pas dans l’occupation stérile, forcément accompagnée de dégradations matérielles et de violences indésirables. En revanche, j’ai voté pour cette opération de conversion de l’IEP en lieu d’échanges autour du CPE. Cette position médiane s’est facilement attirée un vote de consensus en AG locale (70% de votes favorables), et elle me semble susceptible d’être approuvée à la fois par les étudiants, par le corps enseignant et par leurs directions.

Qu’est-ce qui, outre la qualité logistique des élus étudiants du Conseil d’Administration, a permis l’organisation logistique de cette AG locale pour l’IEP ? Qu’est-ce qui a permis d’éviter la polarisation des opinions ou bien le noyautage ? Qu’est-ce qui explique le fort taux de participation ? Peut-être ceci :

On oublie trop souvent, en matière éducative, qu’une très grande part de ce qu’on apprend provient du contact avec ses pairs. On a prêté au Duc de Wellington l’idée selon laquelle la bataille de Waterloo s’était gagnée sur les terrains sportifs d’Eton; ce qu’on entend par là, ce n’est pas que le rugby apprend la tactique militaire; c’est que la noblesse et la gentry britannique y avait appris à se cotoyer, avait acquis en faisant de l’aviron et en jouant au rugby des règles de camaraderie facilitant, plus tard, la communication informelle, et la compréhension.

On retrouve un peu de cela dans les grandes écoles françaises, auxquelles il est souvent reproché de ne pas forcément donner de cours exceptionnels, mais de se contenter de fournir à des élèves triés sur le volet un carnet d’adresses. C’est un peu exact, mais c’est oublier qu’en étant au contact les uns des autres pendant une période prolongée, les élèves de grandes écoles ont acquis des capacités informelles qui facilitent la communication, crèent des réflexes communs, et objectivement, rendent le travail plus performant. Regrouper pendant un certain temps des gens sélectionnés est en soi une façon de leur conférer des aptitudes.

Alexandre Delaigue [Éconoclaste], À quoi sert l’enseignement supérieur ?, 21 mars 2006

Résumé de la semaine du 13 au 19 mars

Le Contrat Première Embauche (CPE) a violemment secoué le campus de Grenoble au cours de la semaine dernière. J’ai tenté de m’impliquer dans l’organisation des événements autour de l’IEP de Grenoble ; je l’ai fait à titre personnel, je n’ai pas invoqué mon titre de délégué du M2R. Concernant l’IEP, la semaine se résume assez bien à une suite de non-événements et de menaces potentielles. Le pire a heureusement été évité à l’IEP, alors que le bâtiment porte une charge symbolique particulière sur le campus.

  • Lundi, l’Assemblée Générale prévue à Sciences Po est annulée et décentralisée dans un amphi de Grenoble-2. Le débat qui s’y tient est une parodie de débat. Cela fait des années que je me bats pour faire passer l’idée que les classes ne devraient pas dépasser 20 élèves, afin d’améliorer la qualité des discussions ; n’allez donc pas attendre de moi que je défende quatre-vingt-dix minutes de hurlements difficilement contrôlés, truffés de poncifs ultra-classiques, d’erreurs factuelles tragi-comiques et de mensonges sciemment placés dans les échanges.Dans les mains des étudiants de l’UNEF, j’aperçois un communiqué qui revendique déjà l’accord unanime des neufs IEP de province contre le CPE. Ce texte a été diffusé sur Internet, sans qu’aucun vote n’ait pris lieu à l’IEP de Grenoble. Je l’ai signalé aux responsables du site, sans effet aucun. Ce noyautage des opinions était pressenti, en particulier quand on peut constater dans ce type de réunion le stéréotype mi-jaloux, mi-dédaigneux que beaucoup d’étudiants entretiennent vis-à-vis de Sciences Po.


    L’AG décentralisée de mardi a lieu dans un amphi de l’UPMF.

    Un vote indicatif, à main levée, rejette résolument le CPE et vote le blocage de l’IEP de Grenoble à 124 voix pour, 98 contre et 35 abstentions (représentativité exemplaire : la majorité qualifiée n’est pas acquise et le vote représente moins de 10% des étudiants de l’IEP). Ironie du sort, alors que l’AG qui n’en est plus une se tient hors de Sciences Po, il est demandé aux étudiants de l’UPMF de s’abstenir de voter sur cette question… La journée laisse un goût d’inachevé à l’ensemble des participants, sauf peut-être à ceux qui se sont déplacés pour assister à un cours de sociologie des groupes d’intérêt syndicaux.

  • Mardi, une parodie analogue d’Assemblée Générale a lieu sur le parvis du plus grand amphi du campus. On compte environ 3000 personnes. Le blocage est voté à 1600 voix pour, 800 contre, (source : Renseignements Généraux) et une poignée d’abstentionnistes qui sont obligés de s’énerver pour que les organisateurs daignent organiser un vote sur l’item Ne se prononce pas. À partir de là, les étudiants de l’IEP dont je faisais partie ont conclu que tous les éléments étaient réunis pour que la situation dégénère : 1600 votes pour bloquer les bâtiments fréquentés par environ 45 000 étudiants, des rassemblements anti-blocage en cours de formation (en particulier à l’IEP)… Pendant la journée, deux agressions violentes ont lieu sur le campus. La direction de l’IEP ne suspend pas lehttp://web.mac.com/a.renaud/iWeb/Site/antiblocage.htmls enseignements, par conséquent tous les mauvais scenarii sont envisageables pour le lendemain matin.


    Occupation de la galerie des amphis de l’UPMF (Grenoble-2).
    Photo : A. Renaud.

    Le petit groupe que nous étions prend alors la décision d’organiser le blocage de l’IEP par des étudiants de l’IEP et uniquement par eux. L’objectif est de tenir à l’écart toute personne (pro ou anti) susceptible de faire déraper la situation : dégradation des locaux, accrochages physiques… La journée de mardi laisse un avant-goût de ce qui peut se produire au cours de la semaine : l’entrée principale a été barricadée, un étudiant de l’UPMF et un enseignant se sont brutalement interpellés, la direction a agi de manière brusque face à des étudiants le matin même, un volet coulissant est déjà endommagé et en début d’après-midi, un groupe d’étudiants est rentré dans le premier patio pour perturber un cours en salle informatique.


    L’IEP de Grenoble bloqué au cours de la semaine.

  • Mercredi, une centaine d’étudiants est venue assurer la sécurité autour de l’IEP. Suivant un plan de sécurité sommaire, toutes les portes de sortie de secours sont laissées ouvertes et gardées par des petits groupes d’étudiants dès 6h30 le matin jusqu’au soir. À l’entrée principale, un barrage filtrant basique est mis en place : les étudiants préparant les concours administratifs sont à peu près les seuls à avoir cours, des délais pour les rendus de dossiers ou d’ouvrages sont négociés. Quelques excité(e)s peinent à comprendre la position très inconfortable et embarrassante dans laquelle nous nous trouvons : en l’absence de vote représentatif (vote secret, sur carte d’étudiant, à forte participation), les étudiants de l’IEP sont contraints d’organiser un cordon de sécurité autour de leur institut, pour dissuader les étudiants n’ayant pas un besoin urgent de s’y rendre. Dans l’ensemble, le blocage autogéré se déroule sans problèmes, des débats intéressants prennent lieu devant l’entrée.

  • Jeudi, trois idées font leur chemin. La première est que la sécurité reste un enjeu prioritaire : une poubelle a brûlé à proximité de l’IEP, et des rassemblements anti- blocage ont lieu régulièrement.La seconde idée est que la direction devient un interlocuteur difficile, dans la mesure où l’incident de la poubelle a apparemment retourné les sangs du personnel et qu’un communiqué repris le lendemain par la presse locale – le Dauphiné Libéré – a présenté l’acte comme une tentative d’immoler par les flammes la famille du gardien du bâtiment. J’exagère d’un iota : l’article ne contenait pas le verbe immoler. Hormis ce détail, j’ai fidèlement restitué la pensée de l’auteur, ce qui me donne l’occasion de souligner la médiocrité intrinsèque de ce torchon du journalisme local qui ne se rend pas sur les lieux pour constater les faits. Comment dire… je cherche la pire insulte que l’on puisse faire à un organe de presse, et j’ai presque envie de dire que le DL est un peu le Figaro de l’honnêteté intellectuelle à son niveau (la PQR). Sauf que le Figaro a moins de problèmes avec les désinences infinitives des verbes du premier groupe.

    La dernière idée qui se profile est celle de l’Assemblée Générale à l’IEP, avec annulation des cours pour permettre à tous d’y assister. L’AG semble faire consensus depuis quelques jours déjà, mais les modalités d’organisation sont encore incertaines. Une manifestation étudiante rassemblent 5000 participants (personnellement, je suis contre ce type de manifestation intermédiaire et sectorielle, je pense qu’il fallait attendre samedi pour défiler avec les salariés du public et du privé).

  • Vendredi, statu quo. Le barrage de l’entrée de l’IEP (cf. photo ci-dessus) a été réorganisé sans matériaux inflammables, une table café-sandwich et une table de presse sont placées en évidence, avec une double page de débats autour du CPE issue des Échos, que nous recevons gratuitement à l’IEP. L’agenda local grenoblois coïncide avec les événements : deux colloques (Onzièmes Entretiens de l’IEP et conférences de la République des Idées) porteront sur la question sociale dans les mois qui viennent.

    Apparemment, le weekend sera l’occasion de fixer les modalités d’une Assemblée Générale à l’IEP. Pour ne pas rentrer en collision avec l’agenda du blocage du campus, l’AG aura probablement lieu mardi (cf. supra, mise à jour du 21 mars 2006).

Je n’ai pas suivi les dernières évolutions des négociations et je serai moins présent à l’IEP que la semaine dernière pour organiser les événements. Je serai évidemment présent en AG si AG il y a. J’espère avoir restitué la trame principale de la semaine dernière pour ceux qui n’y étaient pas. J’ai retiré du récit plusieurs sous-événements qui ne sont liés qu’indirectement à l’IEP.

J’ai réservé mon avis personnel pour la fin : à mon sens, le CPE est un dispositif au mieux inefficace, au pire handicapant pour l’emploi des jeunes [cf. Bernard Salanié dans Le Figaro, Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo dans Libération, Jean Dubois sur Tanstaafl-fr]. Le blocage des bâtiments ne m’est jamais apparu comme une solution saine, intelligente et durable. J’ai toujours soutenu ceux souhaitant banaliser certaines plages horaires pour organiser une série de débats, plus que jamais nécessaires, autour du chômage et des politiques publiques liées à l’emploi et l’éducation.

L’Observatoire des inégalités a récemment reproduit un entretien avec Robert Castel dont les propos sont, à mon avis, porteurs de plusieurs enseignements essentiels, dont celui-ci :

Je ne suis pas prophète, mais je crois que l’on ne pourra pas vraiment revenir en arrière. On ne va pas reconstruire le capitalisme industriel, ni le système de protections qui lui était associé. Il me semble qu’il y a un mouvement irréversible, qui va dans le sens de la la dé-collectivisation et de la mise en mobilité du monde du travail. Dès lors, le problème est d’essayer d’associer de nouvelles protections à ces situations nouvelles. Dans l’ordre du travail par exemple, étant donné que l’emploi à vie n’est plus la règle et ne le sera sans doute plus jamais, il faudrait construire des systèmes de sécurités et des protections qui colleraient à ces situations de mobilité, d’alternance entre deux emplois, de changement d’emploi, de recyclage…

“Repenser la protection sociale”, entretien avec Robert Castel, sociologue, Sciences Humaines, n°168, février 2006 (dossier La société précaire).

Complément, 2 décembre 2007 : des brochures de témoignages tirés d’Indymedia Grenoble sont désormais disponibles, et accompagnées de nombreux autres liens reconstituant les semaines de grève.

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21 Comments
  1. fred permalink

    Excellent resumé des événements. L’AG est en marche pour mardi, 15h30 Amphi Weil.

    Je ne relève pas le difficilement contrôlés, par contre, je suis d’accord avec le truffés de poncifs, je dirais même qu’aucune intervention n’était interessante.

    Je salue les très poétiques désinences infinitives des verbes du premier groupe.

  2. Je viens de féliciter deux élus du Conseil d’Administration par email, j’en fais de même ici : bravo Fred, et bravo aux autres élus CA, une semaine de négociation a été nécessaire mais l’organisation de l’AG a abouti et c’est une excellente chose. Pour comparaison, l’Institut de Géographie Alpine (IGA) où étudie Amanda n’est pas allé jusque-là (apparemment si, cf. infra).

  3. Jean-Christophe Sarrazin (Dauphiné Libéré) permalink

    Vous vous posez en garant de l’honnêteté intellectuelle, mais vous n’en faites guère montre. En prétendant que le Dauphiné Libéré a présenté l’incident de la nuit du 14 au 15 mars comme une “tentative d’immoler par les flammes la famille du gardien du bâtiment”, vous écrivez une contre-vérité. Outre qu’il s’agit là d’un raccourci tendancieux, le risque en question était avancé par la direction de l’IEP dans son communiqué. Avant d’ironiser sur la maîtrise des verbes du premier groupe, mieux vaut s’assurer de savoir lire un article et ne pas omettre les guillemets lorsque ceux-ci encadrent la citation d’un communiqué de la direction de l’établissement au sein duquel vous suivez habituellement vos études.

  4. fred permalink

    … dans la mesure où l’incident de la poubelle a apparemment retourné les sangs du personnel et qu’un communiqué repris le lendemain par la presse locale – le Dauphiné Libéré – a présenté l’acte comme une tentative d’immoler par les flammes la famille du gardien du bâtiment

    M. Sarrazin, François a bien retranscrit les faits. La faute du Dauphiné Libéré est d’avoir fait un article sur ce seul communiqué et d’avoir relayé l’information sans le minimum de vérification, notamment que la loge du gardien et le centre de documentation se trouvent aux antipodes du bâtiment, éléments que les anciens de l’IEP qui hantent votre rédaction auraient pu confirmer.

    PS. François si tu as déjà répondu, efface ce commentaire.

  5. Je garde ton commentaire, Fred, c’est exactement ce que je m’apprêtais à répondre. J’ajouterais que la presse a également le devoir de vérifier ses sources plutôt que de recopier tout ce qui peut être prétexte à alarmer son lectorat.

    Ce point a été soulevé une fois de plus en Assemblée Générale aujourd’hui même, à juste titre : les médias ne conservent des échanges que la part congrue qui exprime les avis les plus extrêmes. J’en sais quelque chose, vu la façon dont mon speech a été coupé à la serpe sur France 2 et sur M6.

  6. Alci permalink

    Lecture très intéressante. Je salue la façon dont vous êtes arrivés à formuler une réponse intelligente à Grenoble.

    Une réponse qui évite un blocage qui ne fait qu’aviver les tensions et une inactivité dommageable.

    Je me permets d’envoyer ce lien à certain(e)s à Paris pour montrer qu’il existe cette voie.

  7. Billet intéressant ! Et la combinaison CocoaJT/Snapz/iMovie (ou similaire) le rend vivant. À Paris 8, la transformation du blocage en université ouverte est une (demi-) réussite, mais une université à demi-vide est toujours préférable à une université totalement vide. (Pour un exemple du programme des forums et conférences de Paris 8 – Vincennes-Saint-Denis)

  8. Ta série de billets de mars 2006 sur les blogs étudiants et le CPE m’a beaucoup inspiré pour rédiger ce compte-rendu. Techniquement, j’ai effectivement utilisé CocoaJT pour enregistrer directement le stream du JT de France 2, sans passer par Snapz Pro. Le crop de l’extrait retenu a été effectué dans Quicktime grâce à l’excellent plugin d’import/export WMV de Flip4Mac. Là encore, il y a l’influence de tes précédents !

  9. Laure Charleux permalink

    Une petite rectification : une AG a bien eu lieu à l’IGA, le lundi 13 (annoncée le jeudi précédent), qui a réuni une centaine de personnes (800 étudiants à l’IGA). Les enseignants y étaient invités en observateurs et j’y étais donc. Il y a été décidé à une majorité seulement relative compte-tenu du nombre d’abstentions de suivre la décision qui allait être prise par l’AG générale du campus du lendemain. Un barrage filtrant a été mis en place le lendemain matin pour inciter les étudiants arrivant à l’IGA à se rendre à cette AG afin de pouvoir y voter. Compte-tenu du résultat du vote, le blocage a été mis en place à l’IGA le mercredi matin. Tout cela n’est certes pas formellement parfaitement démocratique, mais mon sentiment d’observatrice est que la légitimité du blocage ainsi décidé et mis en oeuvre est assurée. Je dois dire aussi qu’il n’y a pas eu d’incidents entre les étudiants. Cela dit, le blocage se prolongeant, la question d’une nouvelle AG IGA devrait peut-être être posée… mais c’est aux étudiants de voir.

  10. Le problème à l’IGA étant qu’il est extrêmement difficile de prévenir les étudiants en masse qu’une AG se tient !

    Je suis la seule déléguée de M1 à avoir installé une mailing liste, et vu la localisation de l’IGA, personne ne s’y rend comme ça, pour le fun… et donc personne est au courant des AG. Gros, gros souci.

    J’espère que bientôt, une grosse AG bien préparée permettra de voter, comme à l’IEP, la suspension des cours et la réouverture des locaux pour des débats et des échanges d’idée. Sur le côté stérile du blocage aveugle, je suis 100% d’accord avec François, ce n’est pas une solution saine à long terme. Je suis pour que l’on fasse donc des universités des vrais lieux d’échage.

  11. Merci Laure, j’ai amendé mon commentaire en fonction de ce rectificatif.

  12. babybarn permalink

    Le Dauphiné Libéré pourrait compléter ses connaissances des désinences infinitives par l’usage adéquat du subjonctif: Outre qu’il s’agit [s'agisse] là.

  13. Romain permalink

    L’AG de ce matin a voté la poursuite du blocage jusqu’à mercredi (inclus). Quelque chose comme 3000 voix contre 1000. Toujours le même problème de legitimité démocratique.

    Bon, il ne me reste plus qu’à dépérir chez moi jusqu’à un éventuel retrait du CPE – autant dire à tout jamais. Avec un peu de chance, une charge de CRS abrègera mes souffrances, vu ce que je me suis pris dans la gueule hier en centre-ville alors que je faisais mes courses paisiblement, en bon citoyen consensuel.

  14. Pierre permalink

    1600 votes pour bloquer les bâtiments fréquentés par environ 45 000 étudiants, 124 voix pour, 98 contre et 35 abstentions (représentativité exemplaire : la majorité qualifiée n’est pas acquise et le vote représente moins de 10% des étudiants de l’IEP), Dans les mains des étudiants de l’UNEF, j’aperçois un communiqué qui revendique déjà l’accord unanime des neufs IEP de province contre le CPE. Ce texte a été diffusé sur Internet, sans qu’aucun vote n’ait pris lieu à l’IEP de Grenoble, 415 voix pour, 148 contre, 14 nuls et 15 blancs (total : 592, soit 43% des 1350 étudiants de l’IEP)

    Mum ! Tout ça sent bon la démocratie… J’adore ! La réalité est qu’une minorité d’étudiants fait le blocage des universités alors qu’ils ne représentent qu’eux même… et se permettent d’annoncer le bloquage avant même les élections. Ils ennuient une majorité d’étudiants qui aimeraient étudier, ce qui est leur droit.

    De surcroît, j’ai pu remarquer que ces représentants lors d’interviews à la télévision ne souhaitent pas s’engager politiquement et préfèrent utiliser l’arme de la rue pour faire passer leurs opinions. Ont-ils peur du vote des électeurs ?

    Enfin, sur le CPE lui-même, croyez-vous qu’à la fin de vos études, vous allez trouver facilement un emploi à durée indéterminée dans le monde de l’entreprise ?

    Je suis sorti d’une école d’ingénieur en électronique-informatique réputée sur Paris, il y a 3 ans. Le secteur ne se portait pas très bien et les annonces d’offre d’emploi demandaient en général 3 ans d’expérience, ce qui était impossible car je sortais fraîchement de l’école.

    Par conséquent, les élèves qui ont trouvé un CDI rapidement fut dans les SSII, des sociétés qui vendent des ingénieurs-esclaves à des grandes entreprises dont leur intérêt est d’avoir de le flexibilité dans leurs effectifs. La méthode de ces SSII pour dégraisser leur personnel est de proposer à leurs ingénieurs une mission à l’autre bout de la France pour 3 ou 6 mois, ce que l’ingénieur refuse pour des raisons personnelles, et se voit donc ainsi licencier.

    Certains sont partis à l’étranger pour faire un VIE d’un an et demi afin d’acquérir une première expérience professionnelle.

    D’autres (15% environ), plus passionnés par la recherche, ont fait une thèse en université ou en entreprise (ce que j’ai fait) et ont un CDD de trois ans qui n’aboutit par forcément par une embauche mais qui a le mérite d’avoir trois ans d’expérience professionnelle avec une formation (cours obligatoires).

    Toutes ces formules que je viens de citer sont des emplois précaires (aucune stabilité) mais ont le mérite d’acquérir une expérience professionnelle pour les jeunes diplômés afin de pouvoir postuler à un vrai CDI.

    Ceux qui n’ont pas suivi ces chemins énoncés ont du sombrer dans la déprime avec l’aide financière de leurs parents jusqu’à un an et demi afin de trouver un vrai CDI. Est ce mieux que ces emplois certes précaires mais qui nous assurent une certaine activité et une certaine indépendance financière vis-à-vis des parents ? Je ne le crois pas. Pourquoi donc ne pas étendre ces différentes formules aux non-diplômés afin qu’ils obtiennent une première expérience professionnelle au lieu d’être dans l’inactivité ? Le CPE peut donc être une solution avec certains aménagements (une justification de l’employeur en cas de licenciement) pour ensuite obtenir un premier vrai CDI, qui plus est ne représente que 45 ou 55 % (je ne me rappelle plus exactement du chiffre mais c’est un ordre d’idées) de l’emploi en France (les autres étant occupés par des intérimaires, les SSII, les CDD, les stages, …). Par conséquent, un CDI c’est loin d’être automatique en France et il faut donc se donner toutes les chances pour en obtenir un par différentes formes d’expérience professionnelle certes précaires et non l’inactivité.

    N.B. : je ne sais si ce blog est bien approprié pour exprimer son opinion différente… mais si elle peut faire réfléchir certaines personnes j’en serai satisfait.

  15. sélène permalink

    Pour être franche ce qui commence à m’inquiéter, ce sont bien les cours ! Comment allons-nous les rattraper (je suis en première année) ? Quelqu’un pourrait-il me tenir au courant de l’AG de ce soir, puisque je ne pourrai pas y assister ? Merci d’avance.

  16. Pierre : merci pour ce témoignage et cet avis, qui ressemble effectivement à beaucoup d’autres opinions circulant dans les rangs étudiants. Ceci dit, je me plie personnellement à l’avis des majorités exprimées. Aucune majorité ne s’est exprimée sur les campus, mais localement, à l’IEP notamment, celles qui ont pu voter dans des conditions suffisantes de validité et de de démocratie ont obtenu la suspension des cours.

    Ce qui me permet de répondre à Sélène. Je suis débordé par des préoccupations extérieures au CPE, je n’ai plus la moindre idée de la façon dont le mouvement évolue. Je souhaiterais d’ailleurs faire remarquer que le seul moyen d’obtenir ce style d’information est de se prendre en main et de se rendre aux réunions d’information organisées dans son UFR ou sur les campus.

  17. Marine permalink

    Bonjour,

    Je me permets de poster ici mes impressions lointaines par rapport à la chaleur chaque jour ravivée des événements. Je suis a l’IEP de Lyon mais en stage en Afrique du Sud pour l’instant, société excessivement intéressante a étudier à la lumière des questions majeures de ce début d’année en France (la question de la loi sur la colonisation debut Janvier, celle des banlieues en Novembre, et j’en passe…).

    Petit détail qui choque en général tout européen en arrivant ici est le nombre de petits boulots précaires et mal payés qui entoure le quotidien de chacun, du super-marche aux boys gardant les voitures dans la rue pour 3 centimes et un mépris agace. Ce que l’on ne soupçonne généralement pas vraiment c’est l’absence quasi absolue de tout mécanisme gouvernemental d’aide en cas de chômage, qui touche une part plus que non négligeable de la population. Ce petit détour personnel pour dire combien je me suis mise à suivre (à distance et avec les moyens informationnels du bord) l’ampleur d’un mouvement que j’avais moi-même tendance a qualifier d’exagéré il y a encore deux semaines… Je suis très satisfaite de voir que des alternatives et un grand questionnement des étudiants sont recherchés, très frustrée aussi de ne pas avoir vraiment pu être la, pour participer à la réflexion.

    J’ai également lu avec beaucoup d’attention le post de Pierre, très interessant et à mon sens réaliste, car la question de la précarité pendait déjà depuis longtemps, bien avant le CNE ou le CPE.

    J’ignore s’il s’agit du bon endroit pour poster un commentaire aussi vague, mal écrit et dépourvu d’accentuation, sachez en tout cas qu’une partie du monde vous regarde, et que quand celle-ci essaie de comprendre nos problèmes, généralement, elle vous soutient.

    Bon courage !

  18. Ton commentaire est tout à fait approprié, Marine. J’ai rajouté les accents dans ton texte, et je t’encourage à ouvrir un blog pour détailler ton témoignage sur l’Afrique du Sud (n’oublie pas de me prévenir si tu le fais, je tiens un annuaire de ce type de blogs).

  19. Le CPE était une vraie façon d’embaucher pour de nombreux patrons comme moi. Maintenant il est mort et enterré. Je ne comprends pas les jeunes qui ont manifesté… Ils oublient que les embauches sont créées par les entreprises je crois.

  20. Etudiante à rennes 2 (Université), j’ai moi-même créé un blog sur la mobilisation contre la loi d’égalité des chances mais pas uniquement. The address: http://viefiction.over-blog.com/

  21. vivian permalink

    Bonjour,

    Je tenais à signaler que la dégradation qui a été faite dans les amphis de la faculté Pierre Mendès France de grenoble est proprement scandaleuse.

    Ceci est dû à des individus irresponsables soustraits à toute forme de respect et d’éducation.

    Afin de revenir à des principes de respect de soi, des autres, des infrastructures…, la solution viendrait peut être de la réouverture de quelques centres tels que le Bagne de Cayenne.

    En effet, on peut avoir des revendications, ne pas être d’accord avec les propositions formulées par le gouvernement entre autre. Cependant, en aucun cas, Vous (connards irrespectueux), ne devez priver les autres étudiants de leur droit à étudier.

    Je terminerai ce mail en vous faisant part de mon profond regret de devoir cotoyer, durant mes études, de la vermine, dénué de réfléxion, sans aucun sens moral et surtout manifestant leur desacord contre une loi dont ils ne subiront jamais l’application car incapables de s’intégrer dans le monde du travail.

    Je vous remercie de l’attention que vous venez de porter à ce mail et accepterai volontiers une réponse de votre part.

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