Classification
Je travaille en ce moment sur une question théorique passionnante qui tourne autour de la capacité humaine à la classification. En jetant un coup d’oeil à mon bureau, je viens de réaliser que j’avais désormais trois piles de textes urgents :
- La pile des fausses urgences, dites
urgences appréciatives
, où je mets ce que j’aimerais pouvoir considérer comme urgent et donc lire ou faire tout de suite ; cette pile subit de plein fouet la coercion des deux autres. - La pile des fausses vraies urgences, dites
urgences dominées
, où je mets ce qui est urgent mais pour lequel je dispose d’un prétexte pour justifier un ou deux mois de retard ; cette pile a développé une vie propre et semble s’auto-alimenter. - La pile des vraies urgences, dites
urgences dominantes
, où je mets ce qui doit être fait rapidement au risque d’entraîner une baisse substantielle de mes capitaux (santé, banque, études) ; on y trouve des bouquins, des reçus et un thermos de café de novembre.
Seconde expérience quotidienne de classification, 19 février 2007 : je rédige mes brouillons sur des versos de documents dont je n’ai plus aucune utilité. J’utilise principalement des formulaires administratifs , des copies de courriers, des feuillets d’information et d’autres brouillons que je récupère dans la poubelle à papier au bureau.
Pour l’instant, ce sont évidemment les versos qui m’intéressent, mais dans quelques années, les rectos auront peut-être plus de valeur historique à mes yeux. Par exemple, j’écris en ce moment sur le verso d’un courrier d’admission en Master Recherche que l’université m’avait fait parvenir par erreur. J’avais déjà oublié cette anecdote, mais le verso me l’a rappelée subitement.
L’intérêt de mes rectos et de mes versos est historiquement contingent ; elle est pas belle, la vie ?