Quelques repères sémantiques sur le “logiciel”
Le changement de logiciel est très, très à la mode. Intuituivement, en suivant une logique simple d’apprentissage, on peut supposer qu’un terme ne surgit dans la rhétorique politique courante que lorsque son prédécesseur ne convient plus. Toute idéologie n’est pas forcément dogmatique, mais le marxisme a mis un terme à la version faible du terme et l’a frappé d’un anathème total en politique. Logiciel
est-il une forme de réponse à ce déficit sémantique ?
Ce que l’on pouvait désigner quand on parlait d’idéologie ou de repères idéologiques aurait également pu être désigné par des termes plus simples. Éthique, par exemple, si l’on estime qu’il est correct de parler d’une éthique culturelle. Les universitaires ont joué au même jeu de redéfinition d’un même objet, le consensus s’est formé autour des termes cognitif/normatif, en référence implicite au vocabulaire du framing en psychologie cognitive. Au risque de diluer les phénomènes sous les mots, on utilise aussi le terme institution
pour désigner tout ce qui possède une capacité structurante sur l’action, ce qui possède l’avantage de montrer le continuum entre cultures, cultures d’organisation et organisations à proprement parler.
Évidemment, de logiciel
à norme
en passant par culture
et éthique
, il y a un luxe de distinctions possibles selon le degré de subtilité, de différentiation ou de nitpicking que l’on se fixe. En définitive, je ne sais pas quel est le niveau de généralité adéquat pour observer que le Parti socialiste voile une crise idéologique, organisationnelle et identitaire derrière ce terme amusant de logiciel
, connoté informatiquement et surtout, à mon sens, doté d’un arrière-plan analytique très intéressant.
Mise à jour, 2 juin 2007 : la terminologie est revenue à la normale.