Cyberspace. A consensual hallucination experienced daily
by billions of legitimate operators.

William Gibson, Neuromancer.

A life spent making mistakes is not only more honorable, but more useful than a life spent doing nothing.

George Bernard Shaw.

François/phnk

Impact factors : ils sont partout !

22 décembre 2005 · Blogosphère

Versac participe, à sa façon, à la mode des impact factors, avec son classement des blogs politiques :

Classement Versac

Le classement utilise comme critère classant le nombre de liens entrants, obtenus via Technorati. Le critère discriminant est celui d’être identifiable comme un blog d’élu, de militant ou de commentateur politique.

Ici, l’usage de l’impact factor de la blogosphère (le nombre de liens entrants) est trivial, mais ce type de technique façonne le travail scientifique au quotidien.

Impact factors et évaluation scientifique

Sur les impact factors en eux-mêmes, que dire ? Ils s’étudient très bien à travers les mêmes prismes que d’autres mesures d’évaluation comme les référentiels médicaux opposables ou les recommandations et autres bonnes pratiques. Toutes ces mesures cherchent à établir des mainstreams professionnels, devenus nécessaires du fait de la croissance exponentielles des pratiques (pratiques de publication scientifique, pratiques médicales, etc.).

L’évaluation a deux limites immédiates, une mineure et une majeure. La mineure est l’existence inéluctable de contre-exemples (excellentes revues avec des impact factors faibles, pratiques médicales en avance sur la discipline). La majeure est l’apparition d’éléments normatifs indésirables à travers les processus de rationalisation des pratiques. Les revues à fort impact factor développent leurs propres carcans disciplinaires et théoriques, produisant en retour une dose supplémentaire de conformisme dans les milieux scientifiques, qui procèdent déjà naturellement par mimétisme des méthodes, des comportements par réplication des résultats. Les pratiques médicales sont aussi des victimes potentielles de ces travers, mais leur manque d’application montre la résistance des médecins au top-down diktat, au profit du colloque singulier médecin-patient. Plusieurs articles du volume 24 numéro 2 (2006) de la revue Sciences sociales et santé décrivent et expliquent cet état de fait.

À long terme, il faudra également comparer les périodes d’activité sous évaluation et les périodes sans pour juger d’une augmentation hypothétique de la productivité, de l’efficacité ou de la qualité des travaux. Mais l’évaluation a neuf vies, au moins : même si ses résultats se sont attendre, elle s’est déjà immiscée partout, même jusque dans le regard des blogueurs sur la blogosphère.

Ce texte a été reproduit le 3 juillet 2006 à partir des archives de mon ancien blog. Le texte original a été entièrement mis à jour et complété.

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Référence : François, Impact factors : ils sont partout !, Boîte Noire, 22 décembre 2005.
Accessible en ligne : http://phnk.com/blog/blogosphere/impact-factors/.

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